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le 07/04/2014

Santé : les impacts des nouvelles habitudes alimentaires

Depuis les années 50, les habitudes alimentaires des français ont très largement évolué. En effet, l’alimentation traditionnelle, composée surtout d’aliments d’origine animale s’est vu peu à peu remplacée par une consommation excessive de graisses et de mets à haute densité énergétique. Cette évolution aura été un facteur majeur du développement de nombreuses maladies chroniques d’origine nutritionnelle et donc évitables.

 

 

Les mutations des habitudes alimentaires françaises (mais aussi de tous les pays occidentaux), s’expliquent notamment par les profonds changements économiques et sociaux rencontrés depuis le milieu du 20e siècle. Alors qu’autrefois, cuisiner et manger prenait du temps, les modes de vies ont beaucoup évolué :

  • on ne prend plus le temps de faire la cuisine,
  • les plats « tout préparés », souvent trop caloriques, sont préférés aux produits frais et à une alimentation équilibrée,
  • chaque repas est pris en un minimum de temps,
  • les modes de vie devenant de plus en plus sédentaires, les dépenses énergétiques ont largement diminué.

De cette évolution a découlé :

  • une augmentation importante de la consommation de lipides, de sucres simples et de produits gras (viande, produits laitiers, desserts lactés sucrés, glaces et boissons sucrées, fromage et charcuterie, etc.),
  • une forte diminution de l’absorption d’aliments riches en glucides : pain, céréales, pommes de terre, légumes secs.

Ainsi, en un peu plus de 50 ans, la consommation de matière grasse par habitant a doublé, celle de boissons sucrées s’est vu multipliée par 6 et l’absorption de denrées riches en sucre, entre 1960 et 1995, par 14. Tout ceci a rendu l’alimentation trop riche en lipides, en sucres rapides et trop pauvre en fibres (de moins en moins de fruits sont consommés par exemple). Les graisses consommées, en plus de l’être en trop grande quantité, ne sont pas non plus les meilleures qualitativement (trop d’acides gras saturés notamment). Même chose pour les protéines : alors qu’il y a 100 ans, 80% de celles-ci étaient d’origine végétale, 80% sont aujourd’hui d’origine animale.

Si la sous-alimentation, les carences en vitamines et minéraux font, dès l’enfance, des dégâts considérables sur la santé générale dans les pays pauvres, la suralimentation a elle aussi un impact très important sur la santé. En effet, sur le long terme, elle engendre des maladies chroniques telles que l’obésité, le diabète, les maladies cardio-vasculaires, les accidents vasculaires cérébraux et les cancers (responsables de plus de la moitié des décès dans les pays riches).

Selon certains chercheurs, alors que plus de la moitié des maladies proviennent d’une mauvaise alimentation, la suralimentation serait à l’origine d’au moins autant de cas de maladies que la sous-alimentation. Enfin, d’autres études montrent que les modes de vie malsains et la suralimentation entraînent une baisse de l’espérance de vie significative. Pour exemple, un simple surpoids ferait perdre 3 ans de vie, l’obésité en faisant perdre 7 pour une personne non fumeuse et 14 pour une personne fumeuse.

Comment prévenir cette suralimentation ?

Un « simple » changement d’habitudes alimentaires et de mode de vie reste le premier remède au développement des maladies liées à la suralimentation. Presque la moitié des cancers, plus de 20% des maladies cardio-vasculaires et entre 30 et 60% des cas de diabète pourraient ainsi être évités en réduisant fortement la consommation d’acides gras saturés (présents dans la viande, les œufs et les produits laitiers) et par une augmentation de l’activité physique. De nombreux scientifiques ont en outre prouvé qu’une alimentation plus  traditionnelle (composée d’aliments végétaux riches en céréales complètes, en légumes et en fruits, tout en étant pauvre en  produits d’origine animale) était associée à une meilleure espérance de vie et à un taux réduit de maladies d’origine nutritionnelle.

Les nouvelles habitudes alimentaires ont donc conduit au phénomène de suralimentation, forme de malnutrition qui comme la sous-nutrition, engendre de graves conséquences pour la santé publique. Alors que 900 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, un milliard est désormais en surpoids. Aujourd’hui, une réaction est nécessaire et commence par celle des professionnels de santé, qui se doivent de promouvoir des conseils nutritionnels et d’hygiène de vie.

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