les ruptures d’approvisionnement de médicaments ont été multipliées par dix en sept ans.
le 10/08/2015

Pénurie de médicaments en pharmacie : c’est grave docteur ?

Selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les ruptures d’approvisionnement de médicaments ont été multipliées par dix en sept ans.

 

 

 

Une pénurie globale ?

Malgré la pénurie de médicaments dont sont victimes les pharmacies, il semblerait ne pas y avoir de risque sanitaire majeur. Cependant, certains manques peuvent avoir des conséquences sur les traitements suivis par les patients et ainsi sur leur santé.

Le journal Le Parisien cite quelques médicaments manquants : l’Inspira, l’Exforge et le Rasiliez qui soignent l’hypertension et certains médicaments rares qui permettent de lutter contre la maladie de Parkinson. Plusieurs vaccins sont également en rupture de stock dans certaines pharmacies.

D’après le Haut conseil de la santé publique (HSCP), les « tensions d’approvisionnement » et les « ruptures de stock » pourraient continuer durant toute l’année 2015. Ainsi, dans le cas des vaccins obligatoires pour les enfants, une seule alternative est possible : acheter « un cocktail de six vaccins injectés en même temps ». Encore faut-il ne pas être réfractaire à la vaccination obligatoire contre certaines maladies.

Pourquoi ces pénuries à répétition ?

D’après l’ANSM, les causes de ces ruptures de stock peuvent être nombreuses : la production insuffisante en usine, le manque de matière première servant à la fabrication des médicaments, la hausse des demandes à l’échelle mondiale sont autant de raisons qui peuvent expliquer ces pénuries.
Le groupe pharmaceutique Sanofi, quant à lui, évoque la forte augmentation de la demande des pays étrangers. Il est alors difficile de produire des vaccins en quantité dans les temps voulus.

Que faire ?

Le Parisien tient à rappeler que le projet de loi santé proposé par Marisol Touraine qui sera présenté et discuté au Sénat en septembre prochain prévoit « de mieux encadrer la disponibilité des médicaments en France ». Il est également prévu que l’ANSM et le Ministère de la santé établissent ensemble une liste de « médicaments d’intérêt thérapeutique majeur » qui, en cas de rupture de stock, pourraient mettre en danger les patients. Nous pouvons déjà dresser une liste des médicaments concernés : anticancéreux, antirétroviraux, antibiotiques et anesthésiques généraux. A noter que cette mesure ne concerne que les maladies graves.

Dominique Debourges, responsable du pôle contrôle du marché à l’ANSM, tient à préciser qu’il existe des alternatives pour lutter contre les ruptures de stock : en important des médicaments depuis l’étranger ou en remplaçant les médicaments par des produits similaires, il serait possible de réduire l’impact des pénuries.

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