La maladie d’Alzheimer et les avancées scientifiques.
le 03/08/2015

Maladie d’Alzheimer : où en sommes-nous ?

A l’occasion du Congrès annuel de l’association américaine sur l’Alzheimer (AAIC) qui s’est déroulé du 17 au 23 juillet 2015, faisons un point sur la maladie d’Alzheimer et les avancées scientifiques.

 

 

 

 

Maladie d’Alzheimer : qu’est-ce-que c’est ?

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative du cerveau. Dans le monde, une personne est touchée par la maladie toutes les 4 secondes. En 2008, cette maladie était la 4ème cause de mortalité en France(1). Selon une étude réalisée par Cap Retraite, 1 malade d’Alzheimer sur 2 ne serait pas diagnostiqué en France, un chiffre qui devrait être diminué grâce aux avancées scientifiques.

Pour rappel, un plan Alzheimer 2008-2012 avait permis d’ouvrir 400 centres de consultation mémoire et 252 maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades d’Alzheimer en France.

D’après une prévision, 65 millions de personnes seront atteintes de la maladie d’Alzheimer en 2030, soit pratiquement l’équivalent de tous les habitants de la France.

Pour diagnostiquer la maladie d’Alzheimer, il faut procéder en 3 étapes :

  • faire des tests de mémoire,
  • réaliser une IRM,
  • prélever du liquide céphalo-rachidien (ponction lombaire).

En déterminant la présence de certaines protéines dans le liquide, les médecins peuvent déterminer si le patient est atteint de la maladie ou non.

 

Ce que l’on sait déjà

Les troubles du sommeil

La maladie d’Alzheimer altère la qualité du sommeil des personnes atteintes de la maladie dont les nuits sont de plus en plus fragmentées.

Parfois, certains malades ont des syndromes d’apnée du sommeil ou hypoxies nocturnes (diminution de la quantité d’oxygène dans le sang). Dans ce cas, il est alors important de consulter un médecin qui vous informera sur les solutions existantes.

D’après des chercheurs de Montpellier, d’un côté la maladie a un impact sur le sommeil et de l’autre, les troubles du sommeil favoriseraient le développement de la maladie.

La pratique d’activités physiques

Le fait de pratiquer une activité physique régulière permettrait de prévenir le déclin cognitif mais également limiter son évolution. En respectant un rythme de 60 minutes trois fois par semaine, les fonctions cognitives et l’efficience du cerveau s’amélioreront. Cependant, ce n’est pas parce que les premiers signes de la maladie sont déjà là qu’il ne faut pas faire de sport, bien au contraire. Il est également reconnu que la sédentarité est un facteur favorisant les risques cardiovasculaires. Il est donc important de ne pas s’isoler et de ne pas laisser les malades seuls face à leur maladie.

L’impact de la télévision

D’après une étude réalisée par des chercheurs de Californie du Nord, les personnes qui regardent la télé pendant au moins 4h/jour ont de faibles résultats cognitifs. La télévision aurait donc un impact négatif sur les capacités cognitives. Cependant, cette découverte redonne espoir ; en prenant conscience de l’impact de la télé sur notre cerveau, nous pouvons ralentir les effets de la maladie.

 

Où en-est la science ?

Il n’existe à ce jour pas de traitement miracle pour lutter contre la maladie d’Alzheimer. Cependant, les recherches ne cessent de donner espoir aux malades et à leurs proches.

S’il y a bien un mot à retenir c’est le solanezumab. Encore en phase de tests cliniques, ce médicament permettrait de ralentir de plus de 30% le déclin mentaldes personnes atteintes de la maladie si le traitement est pris à un stade précoce. Il diminue également de 20% la perte d’autonomie qui permet de réaliser les tâches de la vie courante (manger, se déplacer, se laver…).

Des chercheurs américains ont découvert la présence d’une protéine dans le cerveau dès l’âge de 20 ans qui serait responsable de la maladie d’Alzheimer. Cette découverte permettrait de diagnostiquer en amont le développement de la maladie.

Lors du dernier congrès annuel de l’association américaine sur Alzheimer, une équipe de chercheurs canadiens a dévoilé une nouvelle méthode pour diagnostiquer la maladie : d’après leurs tests, un simple prélèvement de salive permettrait de définir si une personne est atteinte ou non de la maladie. Après avoir analysé les résultats obtenus en comparant les « produits » créés par notre corps, ils ont remarqué certaines différences. Cependant, les chercheurs tiennent à préciser que pour le moment « l’étude est trop petite, trop préliminaire » pour juger de son fonctionnement sur le long terme.

 

Un guide pour aider les proches

Pour aider les proches des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, Isabelle Colleau, fondatrice de l’association Tout Alzheimer, a publié un guide destiné à « fournir des informations pratiques » aux aidants(2). Des conseils sont apportés sur différents sujets : les exercices de mémoire à mettre en place, les activités physiques à proposer, les démarches à entreprendre pour placer le malade dans un établissement spécialisé.

Dans ce guide, Isabelle Colleau énonce les différents troubles liés à la maladie : « réduction du vocabulaire, agitation verbale et motrice, anxiété, manque de concentration et d’attention, errance et déambulation ».

Lorsque vous êtes confronté à une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, il est souvent difficile de communiquer. Isabelle Colleau recommande d’adopter un comportement calme, en évitant les phrases négatives et le ton de voix trop élevé. Voici quelques-uns des nombreux conseils que vous pourrez retrouver dans son guide pratique.

Vous avez des questions concernant la maladie ? N’hésitez pas à contacter l’association Tout Alzheimer par mail à Tout.Alzheimer@gmail.com ou au 04 11 93 22 36.

 

(1) Aouba A et al. Données sur la mortalité en France : principales causes de décès en 2008 et évolutions depuis 2000. BEH n°22 ; juin 2011.

(2) COLLEAU Isabelle, Alzheimer : guide pratique pour une meilleure prise en charge, éditions Josette Lyon, 197 pages, 14,90€.

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