Les seniors et les médicaments : attention aux mélanges !
le 27/04/2015

Les seniors et les médicaments : attention aux mélanges !

La consommation de médicaments des seniors augmente avec l’âge, ce n’est plus un secret. Mais ce qu’on ignore parfois, ce sont les risques que peut provoquer le mélange de médicaments qui sont incompatibles entre eux. C’est ce qu’on appelle « l’iatrogénie ».

 

 

Des chiffres à prendre au sérieux

D’après une étude réalisée par l’Assurance maladie, 50% des personnes de plus de 75 ans ont des prescriptions inadaptées à leur(s) maladie(s). Un chiffre bien trop élevé pour un sujet si important, surtout quand on sait que les Français de 65 ans consomment en moyenne 3,6 médicaments par jour et ceux de 85 ans 4,6.

Cette polymédication entraîne des effets indésirables provoqués par les médicaments lorsqu’ils sont mélangés avec des substances incompatibles par exemple. C’est ce qu’on appelle « l’iatrogénie ». Elle est responsable de 10 à 20% des hospitalisations des plus de 65 ans.

 

Des risques liés aux médicaments et aux maladies

D’après le professeur Jean Doucet, gériatre au CHU de Rouen, certains médicaments comme les benzodiazépines sont à éliminer des ordonnances des plus âgés car « ils entraînent des chutes et accélèrent l’apparition de démence ». Afin de limiter les risques d’iatrogénie, « le médecin traitant doit réévaluer une fois par an la liste des médicaments prescrits et en arrêter si nécessaire » précise le docteur Joël Cogneau, directeur scientifique de l’Institut de recherche en médecine générale.

L’accumulation de maladies qui apparaissent au fil des années comme le diabète, l’hypertension, ou encore l’arthrose, est un autre facteur de risque qu’il ne faut pas prendre à la légère. La liste de médicaments va dangereusement s’allonger et les risques d’incompatibilité seront plus élevés. Le professeur Marie-Laure Laroche, responsable du centre de pharmacovigilance de Limoges, recommande vivement aux personnes âgées d’éviter de « s’automédiquer sans l’avis de leur médecin ou de leur pharmacien ».

L’iatrogénie médicamenteuse est un problème sérieux qui nécessite une grande vigilance. En effet, 50% des malades qui entrent à l’hôpital voient leurs ordonnances modifiées mais une fois qu’ils ressortent, de nouveaux médicaments sont ajoutés par erreurs dans la plupart des cas.

 

Des mesures en cours

Afin de sensibiliser les professionnels de la santé et le public aux risques d’iatrogénie, les entreprises du médicament (Leem) prévoit de lancer une campagne de communication sur le sujet à partir de mi-mai 2015.

La Haute autorité de santé (HAS) prépare actuellement des recommandations pour une « conciliation médicamenteuse ».

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