enfant précoce
le 13/04/2015

Les enfants précoces au cœur d’une étude clinique inédite menée par le CHU de Lyon

Les enfants précoces, que l’on appelle désormais les enfants à « haut potentiel » (HP), font l’objet d’une étude clinique réalisée par le CHU de Lyon et l’Université Lyon 2. Débutée au printemps 2014, l’étude devrait se terminer prochainement. Près de 3% de la population française feraient partie de ces enfants HP, une statistique qui mérite d’être approfondie.

Pourquoi cette étude ?

Pour réaliser cette étude, Olivier Revol, pédopsychiatre et chef du service de neuropsychiatrie de l’enfant au CHU de Lyon, a sélectionné un panel de 80 enfants âgés de 8 à 12 ans. Chacun d’entre eux a passé un test de QI. Ensuite, ils ont été séparés en quatre groupes distincts : « les QI ‘normaux’, les QI homogènes, les QI hétérogènes et les enfants souffrant de troubles d’attention. » Chaque enfant a passé une IRMF (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle), une technique d’imagerie qui permet la détection des zones du cerveau activées suite à une émotion, une tâche ou bien au repos. Cette technique a permis d’examiner « les connexions du cerveau, son anatomie, son fonctionnement ».

L’objectif de cette étude est de « mieux comprendre le fonctionnement cérébral de ces enfants intellectuellement précoces » mais également de savoir comment le traitement des informations par le cerveau s’effectue chez ces enfants.

Quels résultats ?

Fanny Nusmaum, psychologue, chercheur en psychologie et neurosciences à l’Université Lyon 2 affirme qu’il existe deux profils différents d’enfants HP : « un profil laminaire sans difficulté scolaire et un profil complexe. » Dans le premier cas, le comportement de l’enfant s’adapte à l’environnement dans lequel il évolue. Dans le second cas, un décalage entre la sphère intellectuelle très mature et la sphère émotionnelle beaucoup plus fragile est observable.

Les enfants précoces à l’école : une problématique toujours d’actualité

Les enfants précoces ont souvent des difficultés à s’adapter au système scolaire. Le biophysicien et chef du département IRM au CERMEP à Lyon espère donc que cette étude permettra d’intégrer le fonctionnement cérébral de ces enfants HP aux techniques pédagogiques des enseignants afin de faciliter leur apprentissage scolaire. Cette évolution du système scolaire porte un nom : « le principe de neuroéducation ». A terme, l’objectif est de permettre « une meilleure prise en charge des enfants sur le plan éducatif, psychologique, neuropsychologique et médicamenteux ».

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