maison de retraite senior
le 03/04/2015

L’air ambiant dans les maisons de retraites est-il dangereux pour les seniors ?

Selon une étude européenne, l’air présent dans les maisons de retraite serait pollué et dangereux pour la santé des personnes âgées qui y résident, augmentant en effet chez les occupants le risque de maladies respiratoires. Une solution simple serait d’ouvrir régulièrement les fenêtres afin d’aérer les espaces et de mieux ventiler les locaux.

Première enquête sur l’air ambiant des maisons de retraite

C’est la première grande enquête sur les maisons de retraite. Le constat n’en n’est que plus alarmant. La communauté scientifique européenne s’est en effet pour la première fois penchée sur l’impact sanitaire de la pollution intérieure dans ces établissements, en s’intéressant à la qualité de l’air présent ainsi qu’au rapport entre l’air respiré par les seniors et leur santé respiratoire.

Publiée dans la revue European Respiratory Journal, l’étude (à laquelle a notamment pris part l’Inserm), a vu la participation de 50 maisons de retraite de 7 pays différents (Belgique, Danemark, France, Grèce, Italie, Pologne et Suède). Les pneumologues ont ainsi fait passer des examens médicaux à 600 résidents âgés en moyenne de 82 ans, afin d’évaluer leur capacité respiratoire. Ils ont parallèlement analysé la qualité de l’air des salles communes de chaque établissement et ont retrouvé différents polluants : dioxyde d’azote (NO2), dioxyde de carbone (CO2), formaldéhyde, ozone (O3), particules fines et ultrafines.

D’où viennent ces substances toxiques ?

L’ensemble de ces substances toxiques proviennent de diverses sources : chauffage, climatisation, produits d’entretien ou encore matériaux de construction. Au vu des concentrations observées, les chercheurs ont conclu que les niveaux des substances trouvées n’étaient pas particulièrement élevés et assez habituels, l’air en maison de retraite étant autant contaminé que celui d’une quelconque habitation.

Si la santé des personnes âgées se montre aussi affectée par ces composés (augmentation des risques d’essoufflement, de toux, de sifflements pulmonaires et de bronchopneumopathies chroniques obstructives -BPCO-) c’est parce que celles-ci sont bien plus vulnérables que le reste de la population. En effet, la capacité de l’organisme à traiter et à se débarrasser efficacement des polluants nuisibles de l’air (et des substances toxiques en général) diminue avec l’âge ; passé 80 ans, les effets sont encore plus graves.

Les seniors sont d’autant plus exposés et vulnérables à cette pollution intérieure qu’ils n’ont souvent pas la possibilité de l’éviter : la plupart du temps, leur mobilité et leur activité sont limitées, certains étant même alités toute la journée. Ces personnes ne sortent donc que très peu à l’air libre et ne peuvent plus s’aérer les poumons en profitant de l’air extérieur. Enfin, le personnel médical a l’habitude d’utiliser abondamment des produits ménagers et désinfectants pour réduire les risques de propagations d’infections, substances qui ne sont pas sans danger et qui peuvent même être des sources de composés toxiques retrouvés par la suite dans l’air ambiant, indiquent les auteurs de l’étude.

Si cette enquête ne prouve pas que les seniors s’exposent à des risques accrus de pathologies respiratoires en séjournant en maison de retraite, les conclusions se montrent tout de même inquiétantes en indiquant que l’air y circulant actuellement est infecté et qu’il dégrade la santé des occupants. En attendant une évolution, les pneumologues déclarent que d’autres études seront nécessaires afin de pouvoir évaluer plus finement la dangerosité de l’air présent dans ces établissements. Ils n’oublient pas non plus de citer les exemples des écoles et des crèches (et mêmes des hôpitaux) où les enfants, eux aussi très sensibles, sont exposés aux mêmes types de polluants.

Les recommandations des scientifiques

  • ventiler efficacement l’espace, que ce soit de façon naturelle (il suffit d’ouvrir les fenêtres) ou mécanique. En effet, la ventilation a un rôle clé, les établissements bien aérés connaissant une pollution moindre, voire nulle,
  • limiter l’exposition des résidents aux différents polluants,
  • utiliser des produits d’entretien dont l’innocuité est garantie.
  • instaurer un label européen permettant d’identifier les solutions d’entretiens non polluantes.
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