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le 27/03/2015

Don d’organes automatique : que dit l’amendement du projet de loi de Marisol Touraine ?

Un amendement du projet de loi proposé par Marisol Touraine prévoit de rendre automatique le don d’organes si le défunt n’est pas inscrit sur le registre national des refus. L’amendement renforce le principe de présomption de consentement du défunt; la famille est juste informée du prélèvement d’organes et ne peut plus s’y opposer.

Le don d’organes : un sujet difficile à aborder ?

A ce jour, si une personne n’est pas inscrite au registre national des refus de don d’organes ou n’a pas formulé son désaccord concernant le don de ses organes, la famille est chargée de prendre la décision finale. Elle dispose de une à trois heures de réflexion pour se prononcer. Malheureusement, dans un cas sur trois, le prélèvement est refusé.

Le Dr Julien Charpentier, médecin réanimateur et coordinateur des prélèvements d’organes à l’hôpital Cochin à Paris, explique que « l’intérêt de cet amendement est de pousser les gens à s’exprimer de leur vivant ». D’après ce médecin, « 80% des personnes » n’ont jamais évoqué la volonté ou non de donner leurs organes après leur décès. Un chiffre qui révèle combien la mort est encore un sujet difficile à aborder avec ses proches.

Et pourtant, nous serons tous confrontés un jour ou l’autre à son propre décès et à celui d’un proche. Quand les médecins nous demanderont s’ils peuvent prélever les organes de notre défunt, nous devrons prendre une décision : respecter sa volonté s’il nous en a fait part ou décider subjectivement à la place du défunt.

Beaucoup de personnes en attente de greffe mais trop peu de dons

D’après l’Agence de la biomédecine, 18 976 personnes étaient en attente de greffe en 2013 contre 8 733 en 1997. Ce nombre tristement élevé est lié à la pénurie de don. Il faut savoir que le prélèvement d’organes est possible seulement dans trois cas :

    • la personne est décédée d’un accident vasculaire cérébral (AVC),
    • la personne est décédée suite à un traumatisme crânien,
    • la personne a succombé à un arrêt cardiaque.

Ces trois circonstances sont rares et représentent moins d’1 % des personnes qui décèdent à l’hôpital.

Mise en application de l’amendement

Si l’amendement est adopté à l’Assemblée Nationale, il ne sera pas mis en application avant janvier 2018. Vous avez donc encore le temps de formuler votre choix auprès de vos proches mais sachez qu’il n’est jamais trop tôt pour le faire.

Dans le cas où vous ne souhaitez pas faire don de vos organes, il est fortement recommandé de vous inscrire au registre national des refus en remplissant un formulaire et évidemment, d’en informer votre famille.

Nous vous recommandons de lire notre article « Le don d’organe, formuler son souhait ».

Le site dondorganes.fr vous apporte toutes les réponses à vos questions.

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