Déremboursement de l'homéopathie en France
le 04/07/2019

Déremboursement de l’homéopathie en France : où en sommes-nous ?

Voilà maintenant un an et demi que nous entendons parler du déremboursement de l’homéopathie. La décision finale du Gouvernement devrait être actée d’ici quelques jours.

C’est dans ce contexte que votre mutuelle Miltis vous propose un état des lieux de la situation.

 

 

Edit du 09/07/19 : Le Gouvernement a rendu sa décision sur le sujet et a décidé de voter en faveur du déremboursement de l’homéopathie en France.
A partir de l’année prochaine, l’homéopathie ne sera plus remboursée qu’à hauteur de 15% par la Sécurité Sociale pour un arrêt total en 2021.

Afin de permettre à ses adhérents d’accéder aux médecines douces, Miltis continue de rembourser une partie de leurs dépenses en homéopathie grâce à son Pack Bien-être.

L’homéopathie en France : que disent les chiffres ?

L’homéopathie est la pratique de médecine alternative la plus controversée notamment sur les doutes de sa réelle efficacité qui lancent un véritable débat depuis plusieurs années. Pourtant en France, d’après les laboratoires Boiron, 74% des Français utilisant l’homéopathie la trouve efficace. Ce serait plus de 50% de la population qui aurait déjà recouru à ces médicaments disponibles dans toutes les pharmacies du pays. De plus, un médecin sur trois en prescrirait tous les jours. Des chiffres qui montrent que l’homéopathie est plutôt bien appréciée en France et, surtout, très utilisée. Ce qui est aussi le cas dans le monde où 300 millions de personnes l’utiliseraient pour se soigner.

D’un point de vue économique, la Sécurité Sociale aurait remboursé 55.7 millions d’euros de médicaments homéopathiques en 2016. Ce qui représente 0.3% des remboursements sur un total de 18.8 milliards d’euros. L’homéopathie représentait la même année 1.13% des ventes du marché français du médicament élevé à 54.5 milliards d’euros.

Des chiffres tout de même positifs qui permettent aussi de créer de l’emploi en France. Avec 37 laboratoires homéopathiques Boiron (leader mondial basé à Lyon), ce sont plus de 3 200 personnes salariés qui travaillent à la conception de ces médicaments exportés dans plus de 50 pays.

Pourquoi le Gouvernement a lancé l’idée du déremboursement ?

Le débat sur l’homéopathie existe depuis bien longtemps, mais c’est en septembre 2017 que tout commence réellement. Le Conseil scientifique des Académies des sciences européennes a mis en avant l’absence de preuves solides sur l’efficacité des produits homéopathiques et affirme que pour cette raison, le déremboursement devait avoir lieu. S’enchaîne ensuite une tribune du Figaro signée par un collectif de 124 médecins en mars 2018 reprochant à cette médecine alternative de n’être qu’une « fausse thérapie à l’efficacité illusoire » (3 000 signatures de soutien se sont ajoutées par la suite). Par conséquent, ce collectif a aussi demandé la non-reconnaissance des diplômes d’homéopathie.

La Ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a ensuite demandé à la Haute Autorité de Santé (HAS) d’évaluer la légitimité du remboursement des médicaments homéopathiques. Elle avait alors déclaré qu’elle suivrait les recommandations de la HAS. Cette dernière a dévoilé vendredi dernier une réponse favorable au déremboursement de l’homéopathie faute de preuves quant à la réelle efficacité et sa forte utilisation pour des pathologies non-graves ou qui guérissent rapidement.

Une décision doit donc être prise par Agnès Buzyn dans les prochains jours. Cependant, il existe de fortes chances que cette décision soit reportée. L’hésitation étant encore plus forte étant donné la menace de chômage qui plane sur près de 1 300 salariés à cause du déremboursement.

Bien que fortement utilisée en France et dans le monde, rien ne prouve scientifiquement que l’homéopathie est efficace et, donc, qu’elle est légitime à être remboursée par la Sécurité Sociale. Si la décision aura forcément des conséquences dans les deux cas, il y a de fortes chances qu’elle soit prise bien plus tard. Le débat est donc encore loin d’être terminé.

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