dépakine femme enceinte
le 12/08/2016

Dépakine : ce nouveau scandale sanitaire qui inquiète

L’Assurance maladie et l’Agence du médicament (ANSM) ont réalisé une étude sur la Dépakine, un médicament antiépileptique. Les premiers résultats viennent d’être publiés et ils ont de quoi nous inquiéter. Après le scandale du Mediator il y a quelques années, place à celui de la Dépakine.





Qu’est-ce que la Dépakine ?

C’est un médicament prescrit contre l’épilepsie. Il est également proposé pour traiter les convulsions chez l’enfant, en cas de fièvre. Depuis plus de 30 ans, la Dépakine est connue pour provoquer des malformations chez le fœtus. Le risque de troubles de développement intellectuel, comportemental ou physique est estimé entre 30 et 40%. Et pourtant, il y a encore peu de temps, il était toujours prescrit aux femmes enceintes ou en âge de procréer.

2014 : début du scandale

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les questions autour de la Dépakine ont commencé il y a plus de 30 ans. Mais en 2006, elle est mise en vente sur le marché tout en précisant que le médicament n’est pas recommandé en cas de grossesse. C’est seulement huit ans plus tard, en 2014, que l’Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (Apesac) s’exprime pour la première fois et tente de faire réagir les autorités sur les dangers de la Dépakine.

En 2015, le parquet de Paris ouvre une enquête sur les conditions de commercialisation et d’autorisation du médicament.

D’après le Canard Enchaîné, plus de 10 000 femmes enceintes auraient pris de la Dépakine entre 2007 et 2014. Ces chiffres sont extraits d’une étude réalisée par l’Assurance maladie et l’Agence du médicament et dont les premiers résultats ont été donnés en juillet au ministère de la Santé. Une présentation publique sera faite le 24 août prochain.

Depuis le début du scandale, la Dépakine n’est plus prescrite aux femmes en âge de procréer ou enceintes. Seuls les neurologues, psychiatres et pédiatres peuvent prescrire ce médicament, tout en informant les patients de ses effets secondaires.

Des mesure concrètes

Marisol Touraine, ministre de la Santé, a d’ores et déjà prévu une série de mesures pour informer les mères des risques encourus et pour prendre en charge les enfants victimes du médicament. Les professionnels de santé (pédiatres, généralistes et sages-femmes) seront alertés sur les risques de la Dépakine afin de limiter au maximum les prescriptions dangereuses. Enfin, une expertise juridique devrait être lancée pour identifier les victimes de la Dépakine et les indemniser comme il se doit, même si l’argent ne résoudra pas leurs problèmes de santé.

article précédent retour à la liste article suivant