Le temps peu impacter sur le sommeil et dérégler l’horloge qui alterne les périodes de veille et de sommeil.
le 29/04/2014

Comprendre et prévenir les troubles du sommeil chez les séniors

Fragilisant certains rythmes biologiques, le temps peu impacter sur le sommeil et dérégler l’horloge qui alterne les périodes de veille et de sommeil. À partir de 50 ans, des troubles du sommeil liés au vieillissement peuvent ainsi survenir.

Quels impacts à notre âge sur le sommeil ?

Si la durée du sommeil n’évolue pas vraiment, prendre de l’âge est synonyme d’autres modifications en lien avec le sommeil. En effet, plus l’âge avance, plus le déroulé de la nuit est modifié :

  • si les cycles de sommeil de 90 minutes perdurent, le sommeil léger prend le dessus sur le sommeil profond,
  • les éveils sont plus fréquents et plus longs,
  • les changements de stades sont eux aussi plus nombreux,
  • la sensibilité au bruit devient plus grande,
  • la capacité de régulation de température, pour lutter contre le froid ou la chaleur, diminue.

La vision également concernée

L’ensemble de ces éléments favorise, chez la personne âgée, le sentiment de mal dormir, même si le sommeil est la plupart du temps correct. D’autres facteurs, externes au sommeil en lui-même, peuvent aussi avoir un rôle dans son évolution. Par exemple, un individu âgé, sortant moins de chez lui, à la vision moins performante (parfois atteint de cataracte), est souvent moins exposé à la lumière naturelle qu’auparavant, alors que celle-ci est fondamentale pour stabiliser les rythmes de sommeil et pour favoriser l’endormissement. La baisse de l’activité physique, répandue chez les seniors, peut également jouer un rôle important et entraîner un sommeil léger et un besoin de siestes journalières. Liés à ces différents éléments et au vieillissement, certains troubles du sommeil peuvent ainsi apparaître les insomnies.

Qu’est-ce qu’une insomnie ?

Trouble le plus fréquent parmi les troubles du sommeil, ce phénomène touche presque la moitié des personnes de plus de 75 ans et se caractérise par un endormissement difficile, un sommeil morcelé, un sentiment de nuit non reposante et des répercussions sur la journée (vigilance en baisse, fatigue, difficulté de concentration). S’il peut apparaître chez une personne jeune, ce problème est principalement lié à l’avancée de l’âge.

D’autres facteurs peuvent également engendrer des insomnies, comme un changement de rythme de vie, des douleurs, une maladie, la prise de médicaments, un sentiment d’anxiété ou encore une dépression. La meilleure solution pour enrayer ce phénomène est consulter votre médecin, accompagné d’un « carnet du sommeil » retraçant l’activité de votre sommeil durant les trois dernières semaines : le spécialiste pourra ainsi  établir un diagnostic précis et vous indiquer comment mettre en place une bonne hygiène de sommeil.

Une arrivée du sommeil  précoce

Avec la modification de l’horloge biologique qui devient plus matinale, tout arrive plus tôt. L’endormissement et le réveil sont plus précoces et font éprouver un besoin de sieste au cours de la journée, puis ensuite d’une nuit restreinte. Pris dans ce processus, le sommeil peut devenir très fractionné, connaissant diverses périodes la nuit et plusieurs siestes la journée. Mais cela n’est pas pathologique et reste habituel chez les personnes âgées, l’amélioration du sommeil étant toujours possible en mettant en place une hygiène de sommeil adaptée. Ainsi, le début de journée doit être dynamique et comprendre des activités physiques, tout en essayant, le soir, de se « recaler » et de retarder de manière progressive l’heure du coucher : l’heure du réveil se verra naturellement repoussée !

Les apnées du sommeil et le ronflement

Le ronflement s’amplifie avec l’âge et notamment chez la femme après la ménopause. S’il peut gêner le sommeil du couple, il est souvent accompagné de pauses respiratoires fragmentant le repos et conduisant à des apnées du sommeil. Pour prévenir ce risque, les ronfleurs doivent faire attention à leur poids en évitant les repas substantiels le soir, à ne pas boire d’alcool et à ne pas prendre de somnifères sans avis médical.

En cas de découverte de pauses respiratoires par votre conjoint, de trouble de la mémoire, de somnolence, de maux de tête le matin au réveil, d’une envie d’uriner plus de deux fois la nuit, d’hypertension artérielle résistante aux traitements ou de troubles cardiaques, il faudra en parler à votre médecin qui vous prescrira des examens adéquats pour détecter une potentielle apnée. N’hésitez pas à en discuter avec celui-ci, des traitements efficaces existent pour améliorer votre quotidien !

L’agitation durant le sommeil

Des mouvements (coups de pieds, gesticulations, cris, etc.) peuvent survenir chez une personne âgée lorsqu’elle dort : en découlent fatigue, fragmentation du sommeil et gène pour le conjoint. Un comportement plus agressif involontaire, associé à des rêves violents peut également apparaître. Il faudra alors là aussi consulter votre médecin.

Pour pouvoir se faciliter un bon sommeil, une personne âgée devra quotidiennement :

  • avoir un rythme de vie régulier, en se levant et en mangeant à des heures régulières,
  • limiter les siestes à 20 minutes,
  • s’exposer à la lumière naturelle le matin et sortir la journée, afin de maintenir le rythme de son horloge biologique,
  • pratiquer une activité physique ou mobilisatrice le matin,
  • préférer les activités relaxantes dans les quelques heures avant de se coucher,
  • prendre des diners légers à base de sucres lents,
  • éviter les excitants tels que le café, le thé, l’alcool, le chocolat, etc.
  • ne pas rester seule enfermée chez elle,
  • avoir une chambre à température ambiante, disposant d’un lit confortable seulement utilisé pour dormir,
  • ne se mettre au lit que pour dormir,
  • disposer de vêtements adaptés pour la nuit,
  • dormir dans un environnement calme,
  • faire attention à la prise de certains médicaments qui pourrait faciliter l’apparition de troubles
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