Bactérie Klebsiella Pneumoniae
le 29/08/2019

Une bactérie résistante aux antibiotiques se propage en Europe

Depuis quelque temps déjà, nous entendons parler d’une bactérie qui résisterait aux antibiotiques et qui se propagerait dans les hôpitaux. Une étude, récemment publiée sur Nature Microbiology, démontre qu’en plus d’être une menace, elle ferait de plus en plus de victimes.

C’est dans ce contexte que votre mutuelle Miltis vous en dit un peu plus sur cette bactérie.

 

Qu’est-ce que la Klebsiella pneumoniae ?

Appelée « Klebsiella pneumoniae », cette bactérie se trouve naturellement à l’intérieur de nos intestins dans lesquels elle est inoffensive et sensible aux antibiotiques. Cependant, lorsqu’elle s’introduit dans le sang et les voies respiratoires, elle devient extrêmement dangereuse. En plus d’occasionner des infections graves, comme des pneumonies et des méningites, qui peuvent être mortelles, elle s’est mise à résister aux antibiotiques utilisés pour la contrer. Une résistance alarmante qui se propage dans les lieux de soins comme les hôpitaux ou les maisons de retraites. Les patients les plus touchés par cette bactérie sont les personnes âgées, les enfants ainsi que les immunodéprimés (dont le système immunitaire est affaibli).

La Klebsiella pneumoniae a d’ailleurs été placée parmi les agents pathogènes prioritaires résistants par l’OMS qui a annoncé que les antibiotiques de dernier recours – les carbapénèmes – ne permettaient pas une guérison de cette infection pour de nombreux malades. Très présente dans certains pays, elle a notamment fait parler d’elle l’année dernière en Afrique du Sud lorsqu’un hôpital public de Johannesburg a dû fermer plusieurs de ses services suite à la mort de six nouveau-nés contaminés par la bactérie. Elle a aussi fait trois victimes en 2011 dans l’Essonne après avoir infecté près de vingt patients.

Une étude aux résultats alarmants

C’est sur le site Nature Microbiology qu’une étude sur cette bactérie a été publiée. Basés sur 244 hôpitaux différents de trente-deux pays européens, les chercheurs ont analysé plus de 1 700 génomes de la bactérie qui causerait des infections nosocomiales. D’après cette étude, la propagation se ferait particulièrement au sein même des hôpitaux où les bactéries ayant un génome quasi-identique se côtoieraient. Les scientifiques ont ainsi pu relever l’arbre généalogique de la bactérie pour comprendre comment cette dernière est devenue si résistante : cela ne viendrait que d’une variété très limitée de gênes dont la résistance aurait été accélérée principalement par les antibiotiques.

Ces travaux dévoilent que la Klebsielle pneumoniae est très présente en Europe notamment dans les pays du Sud comme la Grèce, l’Italie et l’Espagne. Elle ferait de plus en plus de victimes : provoquant six fois plus de décès en l’espace de huit ans entre 2007 et 2015. Le nombre de victimes a malheureusement atteint les 2 000 personnes. Une situation alarmante pour les chercheurs qui accentuent sur le fait qu’il faut examiner l’évolution génétique de la bactérie de plus près pour ainsi prévenir d’une éventuelle propagation plus meurtrière.

Quels recours sont mis en place contre cette bactérie ?

C’est dans ce contexte que des mesures plus strictes sont prises dans les hôpitaux notamment concernant les normes d’hygiène. Les patients qui ont été pris en charge dans des cliniques à l’étranger lors de la dernière année écoulée sont beaucoup plus contrôlés (surtout dans les pays à risques). Les médecins doivent d’abord vérifier que ces derniers ne sont pas porteurs de bactéries résistantes avant de les prendre en charge. Ces patients sont soumis à un prélèvement dans le rectum via un coton-tige et sont placés en isolement si l’analyse est positive. Un autre dépistage sera effectué auprès de patients ayant été en contact avec eux afin d’éviter une nouvelle propagation.

Ces différentes mesures, qui remontent à 2006, ne sont pour l’instant pas encore performantes à 100%. En effet, de nouvelles infections nosocomiales interviennent en Europe malgré les nouvelles normes d’hygiène.

Si cette bactérie peut faire peur, il faut savoir qu’elle n’est réellement dangereuse que dans 1% des cas en France. Ne se propageant qu’à l’intérieur des hôpitaux, vous ne risquez donc pas instantanément d’être atteint de cette bactérie.

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