violence hopital
le 04/09/2016

Actes de violence à l’hôpital : plus de 14 500 signalements en 2014

D’après un rapport de l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS), un soignant est agressé toutes les 30 minutes dans un établissement de santé en France. Des chiffres alarmants qui reflètent une réalité trop facilement ignorée.





Qu’est-ce que l’ONVS ?

Créé en 2005 par une circulaire, l’ONVS a pour mission de coordonner et évaluer les actions mises en place « par les différents acteurs sur l’ensemble du territoire afin de garantir la sécurité des personnes et des biens à l’intérieur des établissements concernés, d’intervenir en appui des établissements, de collecter et d’analyser les faits de violences. » L’ONVS rend visite aux acteurs du système de santé pour recueillir leurs impressions et les informer des bonnes pratiques.

L’ONVS met à disposition des personnes exerçant au sein d’établissements sanitaires et médicaux sociaux une plateforme de déclaration d’atteintes physiques ou morales. Au total, 337 établissements sanitaires et médico-sociaux différents ont publié plus de 14 500 signalements en 2014.

Les biens et le personnel menacés

Non seulement les biens matériels et les locaux sont dégradés et/ou volés (28% des cas) mais le personnel soignant est victime de violence (72%). 2% des atteintes aux personnes sont de niveau 4, c’est-à-dire que l’agresseur était armé.

Les urgences, la psychiatrie ainsi que la gériatrie sont les trois services les plus concernés par ces violences physiques. Les agressions sont majoritairement provoquées par les patients (70%). Les visiteurs ou accompagnants représentent 20% des agresseurs.

En raison de ces agressions de plus en plus nombreuses, le personnel de santé n’hésite pas à faire part de sa sensation d’insécurité au sein même d’un établissement où le but est de soigner des patients et non de recevoir des coups.

Les raisons de cette violence

L’alcool et temps d’attente trop excessif sont les deux raisons principales qui déclenchent un acte de violence. Le refus de prescription et le règlement de compte sont parfois évoqués par les agresseurs pour justifier leur comportement.

Quelles solutions ?

Afin de limiter au maximum ces problèmes, l’ONVS prévoit de former le personnel à la gestion des situations à risques. Il recommande « de prévenir le fait avant qu’il ne se manifeste en agissant sur l’environnement et l’organisation, de se concentrer sur les réactions immédiates à la survenue d’un fait et la formation à la gestion des situations à risque, de se concentrer sur la prise en charge, l’accompagnement et la réparation (soins, corrections…), après un événement et dans la durée ».

Depuis 1995, le CHU de Limoges propose à son personnel de suivre des cours de self-défense. Non pas pour blesser l’agresseur mais pour le maîtriser rapidement, avant que la situation dégénère. Pour cela, des techniques de désamorçage par le dialogue et certains gestes simples d’auto-défense sont expliquées aux soignants pour réagir sans violence, afin de respecter l’intégrité physique et morale du patient.

Sources : Rapport annuel 2014, Observatoire national des violences en milieu de santé (format PDF).

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