généralisation du tiers payant, contrats collectifs et parcours de soins.
le 17/06/2015

41e congrès de la Mutualité Française : ce qu’il faut retenir

Le 41e congrès de la Mutualité Française a eu lieu à Nantes, les 11, 12 et 13 juin 2015. L’occasion d’aborder les sujets d’actualité tels que la généralisation du tiers payant, les contrats collectifs et le parcours de soins. Cette année, le thème était « Utilité sociale, justice et efficacité : une ambition pour les entreprises mutualistes ».

 

 

 

Les annonces du Président de la République

Invité d’honneur, François Hollande a pris la parole le vendredi 12 juin pour annoncer les mesures qui seront prises concernant différents points.

D’abord, il affirme que la généralisation de la complémentaire santé concernera toutes les personnes retraitées au 1er janvier 2017. L’objectif est depermettre aux retraités de conserver leur garantie avec le même niveau de prime. Pour cela, deux voies doivent être étudiées :

  • soit en adaptant la loi EVIN de 1989 qui encadrait les conditions tarifaires des contrats de sortie de groupe,
  • soit en s’appuyant sur les contrats responsables en ajoutant des critères de solidarité intergénérationnelle pour bénéficier du taux de taxe réduit.

Autre point important abordé par le Président de la République : la réforme du code de la Mutualité. En 2016, il sera modifié pour être adapté aux évolutions économiques et organisationnelles, au glissement des contrats individuels vers les contrats collectifs et à l’affirmation de l’identité des mutuelles.Tout ceci dans le but d’éviter l’effet de banalisation dont sont victimes les mutuelles.

Les nouveaux enjeux et défis

Etienne Caniard, président de la Mutualité Française, a tenu à préciser les enjeux et défis qui attendent l’Etat et les mutuelles. En priorité, il faudra contribuer à une meilleure organisation du système de santé en passant d’un financement de structure à une approche globale du parcours de soin des patients.

Il ajoute que « rembourser les frais ne suffit plus, il faut accompagner les personnes tout au long de leur vie en apportant des services ancrés dans les territoires. » Une phrase qui prend tout son sens quand on sait que l’idéal des mutuelles est toujours resté le même : garantir l’accès de tous aux meilleurs soins, quel que soit le revenu, l’âge, la place sur le territoire de l’individu.

Enfin, d’après un sondage réalisé en mai 2015 pour la Mutualité Française, 72% des Français font confiance à leur mutuelle. L’aide aux plus démunis, la non-sélection des adhérents, la rapidité et le bon niveau de remboursements et enfin, la qualité des services proposés, sont les principales raisons de cette confiance accordée. Il est primordial de conserver cette relation de confiance en proposant des offres et des produits qui correspondent aux besoins de la population.

La question de l’e-santé

Avec l’émergence des nouvelles technologies et des objets connectés, le secteur de la santé se modernise et s’adapte aux pratiques des individus.

D’après la Commission Européenne, l’e-santé (ou santé digitale) est définie comme « l’application des technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’ensemble des activités en rapport avec la santé ».

Grâce aux objets connectés par exemple, il est désormais possible de mesurer, de chez soi, tous les paramètres utiles après une hospitalisation. C’est d’ailleurs ce que Carlos Jaime, directeur général des activités santé et équipements médicaux France de Samsung Electronics, a souhaité expliquer en prenant l’exemple de l’hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon. Les femmes enceintes souffrant de diabète gestationnel sont suivies à distance par les médecins et les infirmiers ce qui réduit considérablement la durée d’hospitalisation, tout en assurant une entière sécurité.

Le développement de ces applications et objets connectés pose quelques interrogations sur le traitement des données. Ainsi, le Professeur Etienne Minviele, titulaire de la chaire de management à l’Ecole des Hautes études en santé publique, insiste sur le fait que les opérateurs mutualistes devront faire preuve de transparence dans le traitement des données de leurs adhérents afin de les mettre en confiance et de les rassurer sur l’utilisation de leurs informations personnelles.

A ce jour, Thierry Zylberberg, vice-président exécutif d’Orange et directeur d’Orange Healthcare, tient à se recentrer sur le principal puisque, d’après lui, « l’important sera plutôt de voir comment introduire du lien social et des relations humaines » pour rendre l’utilisation de ces nouvelles technologies plus cohérentes.

Les 5 propositions à retenir

  • Une complémentaire santé généralisée pour les retraités à partir du 1er janvier 2017,
  • Remise à plat de la politique conventionnelle avec les professionnels de santé pour réduire le reste à charge des Français,
  • Le développement de l’offre de soins de premier recours,
  • De nouveaux services pour mettre l’innovation de l’e-santé au service des patients,
  • Un nouveau code de la mutualité.
article précédent retour à la liste article suivant